Brume autour du phare de Tanger
Brume au pied de la Tour Eiffel
Des chameaux auront 40 bagages,
les trains traceront
les nervures nouvelles,
Frontières mouvantes comme le sable
Le grand Toréador
Et son drap maculé
La bête décapitée
regrettera le temps de l'innocence
Sables mouvants ,
au sortir des bouches de métro,
avalanches d'armoires à glace et de gringalets
les frigidaires ne connaissent pas l'égalité,
avant les rochers, la plaine
Après la plaine, les rochers

A la faveur de l'ombre
se déchiffrent les larmes épanchées
le précis savoir de la solitude,
la neutralité à travailler,
l’écueil à éviter
la mort rôde comme une chanson
Les soutanes sèchent au soleil,
des hameçons à la bouche
Walt Disney n'existe plus,
il ne reste plus que du temps perdu

Des lambeaux d'avancées spectaculaires
des hôpitaux sans arbre,
aller vers le hasard comme une rencontre
le fromage sous cloche,
le ridicule n'est plus mortel
depuis que les crédules ont perdu
leur naïveté

Des pauses reposent
au cœur des demi-pauses,
des fosses explosent
au nom des nations sans cause
des regards au Katar,
Des sourires à Oran,
Des paroles à la nouvelle Orléans
des enfants en Espagne,
des bateaux sur le Nil et
des téléphones mobiles

Les apatrides
toujours plus nombreux,
nouvelle confrérie sans terre,
territoires non exploitables,
la place est déjà prise
le cheval de Troie au garage
des barques s'envolent,
dans le nouvel espace
aléatoire des sans papiers

Âmes sans fil qui se sédimentent,
des fortifications émanent des histoires
qui n'existent plus
vivre sans cause,
oublier son destin
dans l'air du temps,
s'agenouiller dans les temples déserts
et observer les papillons de nuit